Expérience vécue
D’octobre à décembre, j’ai utilisé Twitter dans mes cours de français (dans un contexte pédagogique) avec deux groupes d’élèves de première secondaire [12-13 ans] (Programme d’éducation internationale) à l’école secondaire De Rochebelle (Québec, Québec). Ce billet était prévu depuis longtemps, mais les mises à jour de mon blogue ne sont pas une priorité en ce moment. Voici mes observations, mes réflexions et mes commentaires divisés en catégories et accompagnés d’exemples de tweets. Ce n’est pas aussi sérieux que les travaux de Danah Boyd, mais cela devrait tout de même vous intéresser. *Pour une raison que j’ignore, les documents partagés via Scribd ne semblent pas s’afficher dans Safari. Cliquez sur les liens pour y avoir accès directement sur Scribd. Il semble aussi avoir un problème avec l’affichage des images dans iExplorer. J’y travaille!
1. Pourquoi utiliser Twitter?
L’expérimentation de Twitter fut réalisée pendant un projet technologique rendu possible grâce au Programme d’apprentissage numérique d’Apple. Pendant 45 jours, j’ai eu l’opportunité de faire utiliser la technologie Apple aux élèves (MacBook, iPod touch, borne AirPort, etc.) afin de réaliser différents projets. Ce fut un bon prétexte pour tester Twitter dans un contexte pédagogique. Tant qu’à avoir un projet technologique, sortons un peu de l’ordinaire! Voici un rappel des objectifs de cette expérimentation:
1 – tenir un microjournal de bord sur l’avancement de son travail;
2 – poser une question à ses collègues ou répondre à une question;
3 – partager ses découvertes quant à l’utilisation d’un logiciel;
4 – partager toute chose susceptible d’intéresser la classe (nouvelle intéressante, site web, etc.).
2. Pourquoi Twitter et non Facebook?
Même s’ils ont presque tous un compte Facebook, la très grande majorité des élèves n’a pas l’âge légal pour y aller. À mon avis, l’utiliser en classe aurait été une incitation à ne pas respecter les règles. Contrairement à Facebook, Twitter ne permet que la publication de statuts. Pas de photos, de vidéos, de jeux, etc. Ainsi, les distractions sont moins importantes et l’utilisation peut être davantage orientée vers un usage pédagogique. De plus, sur Facebook, même si plusieurs jeunes ont des centaines d’amis, ce n’est pas tout le monde qui veut être copain avec tous les autres jeunes de son groupe-classe. Sur Twitter, il est possible de participer en sachant et en divulguant le moins d’informations possible. Et dernier point et non le moindre : je ne veux pas être l’ami Facebook de mes élèves!
3. Demander l’autorisation des parents
Avant toute chose, étant donné que les élèves étaient seulement en première secondaire, j’ai décidé d’obtenir l’accord de leurs parents afin d’avoir le moins de surprises possible. De plus, mon statut précaire (je suis sorti de l’université il y a un peu moins de deux ans) ne me permet pas de faire de faux pas. J’ai donc préparé une lettre expliquant les raisons pour lesquelles les élèves utiliseraient l’outil de microblogage ainsi qu’une charte d’utilisation de Twitter en classe fortement inspirée de celle produite par Laurence Juin (lien 1, lien 2 et lien 3). Environ 95 % des parents ont voulu que leur enfant participe. Un parent a désiré plus de précisions tandis qu’un autre a donné son accord, mais a mentionné que c’était peut-être un peu trop jeune. Il faut aussi souligner que sans l’appui de la direction, je n’aurais jamais tenté l’expérience. Cependant, j’ai la chance d’avoir un directeur de niveau très ouvert quant à l’utilisation des technologies et qui œuvre activement à l’intégration d’un outil technologique (portable, tablette numérique, etc.) au PEI, et ce, à très court terme. Vous trouverez la lettre et la charte d’utilisation au bas de cette page.
4. Les premiers inscrits et les premiers tweets
Dans les minutes suivant le cours présentant le projet, plusieurs jeunes se sont empressés de s’inscrire à Twitter à l’aide de leur iPod touch. Il ne fait aucun doute que cela a suscité leur intérêt, car jamais ils n’auraient agi de la sorte avec quelconque devoir ou travail à faire. Cet empressement me rappelle l’année dernière: j’avais demandé aux élèves d’installer une application sur leur iPod (eClicker). Le lendemain, ils m’arrêtaient tous dans le corridor avant le début des cours pour me dire qu’ils l’avaient fait. Jamais ils ne font ça pour leurs devoirs. Cela m’a encore démontré l’intérêt des jeunes pour les TIC, surtout celles qui n’ont jamais été exploitées en classe.


5. L’apport des participants
Il y avait des interactions chaque jour. Cependant, quelque chose a particulièrement attiré mon attention. Bien qu’il y eut des discussions tous les jours (un peu moins la fin de semaine), ce ne sont pas les mêmes élèves qui y participaient. Quotidiennement, la discussion s’organisait autour de plus ou moins cinq élèves. D’autres venaient et partaient laissant un ou deux messages. Le lendemain, le noyau était remplacé par cinq autres élèves alors que d’autres ne laissaient que quelques messages. Il est arrivé qu’un élève participe plusieurs jours de suite, mais en général, c’était souvent le même «modèle». Une élève a participé davantage que les autres avec un record de tweets, mais cela ne signifie pas que sa participation était meilleure que les autres.
Sur une soixantaine de participants, il est possible de distinguer trois types d’utilisateurs répartis plus ou moins également:
- les participants actifs (plusieurs tweets par semaines);
- les participants plus ou moins actifs (quelques tweets par semaine);
- les participants inactifs (un tweet lors de l’inscription et quelques-uns pendant toute la durée de l’expérimentation). Peut-être qu’ils auraient embarqué dans l’aventure en cours de route.
Pour faciliter l’organisation, les élèves devaient ajouter leur numéro de groupe à la fin de leur nom d’utilisateur. J’avais ensuite créé trois listes. Une pour chaque groupe et une autre regroupant tous les élèves. De cette manière, les élèves savaient quels abonnés ajouter, car leur profil était sécurisé.
6. La nécessité pour l’enseignant d’avoir un compte Twitter distinct
J’ai entrepris l’expérimentation avec mon compte Twitter (@davidmartel) que j’utilise depuis près de deux ans. Son usage est principalement destiné à la publication de tweets touchant de près ou de loin l’éducation, mon métier d’enseignant et mes travaux en tant qu’étudiant au deuxième cycle. Cependant, plus les jours avançaient, plus j’intervenais fréquemment auprès des élèves. Pour éviter de surcharger mes abonnés de messages destinés à un public très précis, j’ai créé un second compte Twitter (@davidmartel2). Je pouvais donc participer davantage et avec moins de retenue.
7. La question du français
Selon mes observations, je crois que les élèves sont restés fidèles à la manière dont ils écrivent habituellement en classe. Ceux qui écrivent bien ont continué de bien écrire et ceux qui ont de la difficulté les ont conservées. Je me demande si les résultats auraient été différents si les comptes des élèves avaient été disponibles à tous (pas de protection des tweets). Pouvoir être lu par tout le monde et non seulement leurs collègues de classe aurait peut-être favorisé la quête d’une écriture parfaite. Souvent, lorsque des élèves tenant un blogue savent qu’ils peuvent être lus par plusieurs, la fréquence d’erreurs dans leurs publications diminue au fil du temps. Est-ce aussi valable pour le microblogage?Il faudrait le vérifier. Il y a cependant un point à revoir si l’expérience était reconduite: les liens avec la matière, le français. Une des raisons pour lesquelles je voulais utiliser Twitter était la capacité à synthétiser les informations et sa pensée, à être précis et à organiser ses idées. En ce sens, je ne sais pas vraiment si l’utilisation a permis aux élèves d’y arriver. D’un autre côté, ils ont communiqué, se sont entraidés, ont appris à utiliser un nouvel outil et se sont questionnés par rapport à l’actualité et le monde qui les entoure… et c’est aussi mon travail en tant qu’enseignant.
8. Les utilisations émergentes
8.1 L’entraide dans les matières
La journée où j’ai présenté le projet, un élève m’a demandé si Twitter pouvait être utilisé afin de s’entraider dans d’autres matières. J’ai répondu que oui et que je serais même très content si cela pouvait les aider. L’idéal serait de créer une communauté d’échange et de partage. Quelques jours plus tard, les jeunes commençaient à l’utiliser pour d’autres cours. En théorie, il s’agit d’un objectif d’utilisation de Twitter. Par contre, je trouve que son importance nécessite de le traiter comme une utilisation émergente. Lorsqu’il y avait des travaux à remettre, des examens ou des présentations orales, les tweets étaient beaucoup plus nombreux. J’ai même évité de donner des devoirs un soir, car ils semblaient très préoccupés pour autre chose. Par contre, j’ai senti qu’une infime partie des utilisateurs dépendaient de Twitter pour savoir les pages à faire dans tel ou tel cahier, etc. Pourquoi sortir son agenda alors qu’on peut le demander aux autres?
Pour ce qui est du partage de réponses (le copiage), cela ne s’est pas fait sur les publications publiques. Peut-être qu’il y en a eu dans les messages directs, qui sait? Ce n’aurait pas été nouveau et il n’aurait pas fallu blâmer Twitter. Il n’y a pas une seule journée qui passe sans que je n’aperçoive deux jeunes côte à côte, assis devant leur casier leur cahier sur les genoux, l’un copiant les réponses de l’autre. Pour reprendre les idées de Marc Prensky, les noms changent, mais les actions restent les mêmes. Certains continuent de copier, mais la manière de le faire a évolué.
8.2 Discuter des personnes célèbres et de l’actualité
Pendant l’expérimentation, les élèves ont dû s’abonner à un compte d’actualité (ex.: Radio-Canada, Cyberpresse, etc.) ainsi qu’à une personne célèbre/personnalité. Cela a engendré des discussions très intéressantes quant à la validation des comptes Twitter et la présence que pouvaient avoir certaines célébrités sur le réseau social. La discussion a inévitablement glissé sur celui qui a comme bio 44th President of the United States et plusieurs autres personnes dont Justin Bieber (en parler était inévitable, car des photos de ce dernier apparaît sur 95% des agendas appartenant aux jeunes filles). Aussi, chaque semaine, les élèves doivent trouver une nouvelle internationale, la commenter et la placer dans un cahier appelé passeport international. Les comptes d’actualités présents sur Twitter furent fort utiles. Nous avons également eu des échanges intéressants au sujet des tendances sur Twitter. Le meilleur exemple est sans contredit la sortie des mineurs chiliens qui ont été coincés de nombreux jours sous terre. On a pu constater dans les tendances que Twitter était en quelque sorte le pouls de ce qui se passait partout dans le monde. Nous avons aussi discuté des tendances liées aux émissions de télé comme c’est le cas pour Tout le monde en parle (#TLMP). Maintenant, les gens n’ont plus besoin d’attendre le lundi matin au bureau pour parler de ce qu’ils ont visionné hier. Cela fut plus qu’intéressant et a engendré des réflexions quant à l’importance accordée aux médias sociaux et les effets pervers que peut avoir la propagation d’une fausse nouvelle.
8.3 Rester en contact lorsqu’un élève est malade
Il est arrivé à quelques reprises que des élèves soient absents de l’école pour quelques jours. Habituellement, le jeune malade ne peut compter que sur un autre élève pour lui transmettre ce qui a été vu en classe. Avec Twitter, l’élève peut compter sur toute sa classe pour lui faire un compte-rendu. En plus, il peut échanger avec les autres et quand il revient à l’école, c’est comme s’il ne s’était pas absenté. Il est aussi possible de savoir les raisons pour lesquelles un élève s’est absenté. Par exemple, pendant une période où un élève était absent, il avait écrit sur Twitter la raison de son absence et la durée.
8.4 Distribuer les résultats de tests ou d’examens et faire du renforcement positif
Afin d’inciter les élèves à consulter Twitter régulièrement même la fin de semaine, lorsque j’avais des résultats à leur communiquer, je leur envoyais via Twitter. Il n’est pas question de passer uniquement par Twitter pour les notes, mais il est arrivé à quelques reprises que je termine une correction le samedi ou le dimanche. Au lieu d’attendre le lundi pour distribuer les résultats, je le faisais à l’aide des messages directs. C’est quelque chose de très simple et rapide à réaliser (comparativement au courriel) et les élèves étaient très contents. Je suis conscient que ceux qui ne participaient pas à Twitter avaient leurs résultats un peu plus tard, mais tous étaient favorables à cette façon de faire et ils ne voyaient pas ça comme un retard, mais plutôt un devancement. Twitter a également été un lieu où féliciter les bons coups des élèves. Certains m’ont dit avoir montré à leurs parents un message positif que je leur avais laissé.
8.5 Entretenir les échanges plus ou moins formels touchant l’école
Twitter a également servi à échanger à propos de sujets plus ou moins formels touchant l’école. À l’Halloween par exemple, quelques tweets quant aux prédictions sur les costumes ont suscité un engouement et tout le monde avait hâte à cette journée.
9. La gestion des comportements enfreignant les règles d’utilisation
À ma grande surprise, je n’ai presque pas eu à intervenir contre des comportements non désirés. Dans les premiers jours, j’ai dû avertir certains élèves qui utilisaient le langage SMS, mais quelques messages directs adressés à ces élèves ont rétabli la situation. Pour ce qui est des messages offensants ou vulgaires, il n’y en a pas eus. Je suppose que cela n’est s’est pas fait dans les messages directs, car j’avais imploré les jeunes de venir m’avertir si jamais cela se produisait. Le seul cas où j’aurais dû avertir un élève, car il ne respectait pas une des conditions d’utilisation s’est réglé de lui-même. En effet, personne ne devait mettre de photo de lui. Par contre, un élève a décidé de le faire. Je n’ai pas eu le temps de l’avertir, car un autre jeune le lui a rappelé. La situation s’est gérée d’elle-même. Est-ce que la présence d’élèves agissant comme «modérateurs» serait envisageable?
10. Retour sur les objectifs
Avec du recul, je peux analyser la «réussite» des objectifs pour lesquels l’utilisation de Twitter a été faite. Quiconque lirait les tweets pourrait clairement voir la préséance d’un objectif sur tous les autres. En effet, la majorité des tweets concernent l’objectif #2, c’est-à-dire poser une question à ses collègues ou y répondre. L’utilisation de Twitter en classe favoriserait donc la création d’une communauté pour partager des informations et s’entraider. L’élève peut disposer de l’aide de ses camarades en cas de questionnement ou de problème. Il peut aussi obtenir des réponses très rapidement même de la part de l’enseignant. Il m’est arrivé à plusieurs reprises de répondre à un élève le soir et la fin de semaine parfois très tard. Comme les questions et les réponses doivent avoir moins de 140 caractères, tout doit être bref et concis. C’est aussi beaucoup plus rapide que le courriel, surtout que lorsque je suis à la maison, il faut obligatoirement passer par Outlook Web Acces pour accéder à ceux de la commission scolaire et l’affichage dans Safari ou Firefox est très peu convivial.
Pour ce qui est des autres objectifs, celui de tenir un microjournal de bord sur l’avancement de son travail a été le moins bien atteint. Au départ, je voulais que les élèves se servent de Twitter pour tenir un journal sur l’avancement de leur travail. Quand ils étaient à l’école, les élèves voulaient consacrer leur temps à travailler sur leur bande dessinée. Si un élève désirait aller sur Twitter, il devait utiliser le MacBook (et aussi le iPod touch) et par conséquent, enlever l’outil de travail de ses deux coéquipiers. Ce n’est donc pas rendu à la maison que l’élève avait envie de dire ce qu’il avait fait aujourd’hui à l’école. Comme je ne voulais pas forcer les élèves à utiliser Twitter, j’ai invité les élèves à le faire, mais les autres utilisations ont pris le dessus sur le journal. En ce qui est de l’objectif relatif au partage des découvertes quant à l’utilisation d’un logiciel, les élèves ne passaient tout simplement par Twitter, ils allaient se voir en personne. Peut-être que cet objectif aurait été approprié si les élèves avaient dû faire une partie du projet à la maison. Quant à celui relatif au partage d’informations susceptibles d’intéresser toute la classe, certains l’ont fait, mais comme je l’ai dit plus haut, je ne voulais pas obliger les jeunes et j’ai préféré voir les choses évoluer d’elles-mêmes au lieu de les diriger.





11. L’évaluation
Pour évaluer les élèves, j’ai conçu une grille à partir des critères fournis dans le PPCS (Programme de premier cycle du secondaire) au PEI. Ces derniers sont le contenu, l’organisation et le style et la langue. Pour évaluer le travail de l’élève, je n’avais qu’à afficher la page de son compte Twitter. Les deux premiers critères étaient un jugement global sur l’ensemble des publications alors que pour le troisième, j’ai compté les erreurs pour trouver la cote appropriée dans la grille. La très grande majorité des élèves ont eu de très bons résultats. Cependant, comme ce ne sont pas tous les jeunes qui ont utilisé Twitter, j’ai choisi de ne pas inclure les cotes dans l’appréciation de la compétence en écriture. Il n’aurait pas été équitable d’y accorder une importance égale à une production écrite par exemple. Par contre, pour ceux qui ont participé, je me suis servi des résultats pour déterminer quelle cote choisir entre un B ou un B+ par exemple. J’ai exposé cette méthode aux élèves et tous ont trouvé cette façon de faire équitable. Vous trouverez la grille au bas de cette page.
12. Referais-je l’expérience?
Pour terminer, je trouve que l’expérimentation a été plutôt concluante. Il aurait été intéressant de l’utiliser sur une période plus longue, mais les conditions en place ne le permettaient pas. J’effectuais un remplacement indéterminé (maintenant terminé) et je ne pouvais pas agir comme si j’allais être en place toute l’année. Une chose est certaine, lorsque je serai assuré d’avoir une tâche pendant une année entière, j’envisagerai sérieusement la possibilité de refaire l’expérience. Si ce n’est pas Twitter, ce sera autre chose, mais je crois que la création d’un réseau, d’une communauté pour que les élèves puissent échanger peut être bénéfique. Il serait très intéressant de jumeler des élèves québécois avec des élèves français pour élargir cette communauté. Même à une plus petite échelle, faire participer d’autres enseignants dynamiserait davantage un tel groupe. Comme je l’ai mentionné plus haut, un projet d’intégration d’outils informatiques est présentement en train de prendre forme pour les futurs élèves de secondaire un (nous sommes en train de valider l’appui des parents). Les questionnements et les imprévus seront inévitables. L’utilisation d’un outil pour échanger et partager serait assurément bénéfique, car résoudre un problème lorsqu’on est 200 se fait beaucoup plus facilement.
Les expériences sur lesquelles je me suis basé pour réaliser cette expérimentation étaient peu nombreuses, surtout au Québec et avec des élèves de cet âge. J’espère que ce billet vous a intéressé et vous donnera peut-être le goût d’essayer Twitter dans un contexte scolaire. N’hésitez pas à me faire part de vos commentaires ou de vos questions et il me fera plaisir de vous répondre.
LETTRE AUX PARENTS ET CHARTE D’UTILISATION DE TWITTER
Twitter_lettreauxparents_contrat_DavidMartel
GRILLE D’ÉVALUATION
Grille Evaluation Twitter David Martel
Ma collègue de français (Mélanie) m’a présenté une activité intitulée Lettre à mon enseignant. Il s’agit d’un texte que l’élève doit écrire afin de se présenter à son professeur. Qui es-tu? Qu’aimes-tu? Quels sont tes rêves? et Que représente pour toi le passage au secondaire? sont des exemples de questions auxquelles les élèves sont invités à répondre.
Hier, j’ai lu ces lettres. Mon but n’étant pas de les corriger, j’ai simplement écrit quelques commentaires en réaction à leurs propos. Je voulais seulement en savoir plus sur eux. C’est étonnant tout ce que j’ai appris. Sincèrement, jamais je n’aurais cru en apprendre autant. Plusieurs sont nés dans un autre pays, certains ont voyagé sur quatre continents et d’autres aiment s’évader par le biais de la lecture.
Cependant, ce qui m’a le plus surpris est que quelques-uns ont écrit qu’ils trouvaient bien qu’un enseignant s’intéresse à eux, à ce qu’ils pensent, à ce qu’ils veulent devenir. Cela m’a rappelé l’importance de la relation éducative. Ces lettres, à mon avis, peuvent être utiles au développement de cette relation qui se développera au fil des jours. Je sais maintenant des choses sur les élèves que je n’aurais peut-être jamais sues sans cette activité. Ainsi, mes interventions seront dorénavant teintées du contenu de ces écrits.
Scridb filterDans mon dernier billet, je dressais les grandes lignes d’une activité que je voulais faire avec les élèves concernant Wikipédia. Ce matin, alors que je me préparais à présenter le travail aux jeunes, j’ai constaté avec étonnement que le contenu de la page avait été créé… Tout s’est passé hier. Il n’y avait pas eu de modification sur la page depuis le 25 février et voilà qu’hier, quelqu’un l’a fait. Je ne sais pas s’il s’agit du hasard ou si mon billet et les tweets y menant ont donné l’idée à quelqu’un de le faire, mais j’ai dû abandonner mon projet. Cela a été très intéressant, car on a pu discuter (avec les élèves) sur le fait que Wikipédia est un espace collaboratif où les actions individuelles viennent enrichir le contenu à n’importe quel moment. Selon moi, les chances que quelqu’un travaille sur la page étaient minces, mais elles étaient quand même là.
Cet événement montre bien que les éléments qu’on ne peut contrôler dans l’élaboration d’une situation d’apprentissage peuvent nous réserver bien des surprises. Ce n’est pas grave, je ferai autre chose avec les élèves.
Scridb filterJ’entends souvent les gens critiquer Wikipédia, car les élèves y font trop souvent référence, y copient des passages et s’en servent comme unique source d’information dans le cadre de travaux scolaires. À mon avis, ce problème est en partie lié à l’éducation faite aux jeunes.
Cela dit, on entend rarement parler de l’encyclopédie en ligne en tant qu’espace de création et de partage de connaissances. Les élèves sont tout aussi capables de créer du contenu que de le copier. C’est quand on ne connaît pas un outil (iPod, Wikipédia, 1:1) qu’on le voit négativement et qu’on cherche à l’éviter à tout prix.
Durant les prochains cours, mes élèves feront la page Wikipédia de Zone, la pièce de théâtre de Marcel Dubé. Comme nous travaillons cette pièce, pourquoi ne pas prendre une à deux périodes pour donner une portée plus large aux travaux des élèves? Voici quelques lignes de la démarche que je compte utiliser.
Après avoir présenté Wikipédia aux élèves, ces derniers devront se placer en équipe de trois. Chaque équipe devra travailler sur une partie de la page Wikipédia ou sa «programmation». Deux équipes travailleront sur chacune des parties. Les voici:
A) Présentation générale de l’oeuvre – Personnages – Prix reçus
B) ACTE I
C) ACTE II
D) ACTE III
E) Programmation de la page
Les équipes devront d’abord travailler chacune de leur côté pour produire ce qui est demandé. Ensuite, les 2 équipes ayant le même sujet devront réunir leurs idées afin d’établir un consensus pour le texte final issu du qui sera soumis aux programmeurs du Wiki. Par contre, comme j’ai 2 groupes, chaque section sera faite en double. Je ne sais pas encore quels moyens je prendrai pour choisir les textes qui seront sur le Wiki, mais plusieurs possibilités sont offertes: choix des meilleurs textes pour les enseignants, vote parmi les élèves du groupe, etc.
Une fois la page complétée, nous la laisserons sur le cyberespace où elle pourra être modifiée par tous les internautes de ce monde. Il sera intéressant de suivre les modifications faites par les autres (s’il y en a) afin d’en discuter en classe.
Scridb filterDans un numéro spécial de l’École branchée pour le Salon international du livre de Québec, on retrouve quelques lignes sur l’expérimentation que j’ai faite de eClicker (iPod) en classe cet hiver. Vous trouverez le texte ci-dessous. De plus, voici le lien pour consulter l’ensemble du numéro spécial. Fait intéressant, dans la même page, on a interrogé Patrick Giroux (mon directeur de recherche à la maîtrise) au sujet de l’intégration des technologies en classe.
Merci à Martine Rioux d’avoir pensé à moi!
Scridb filter
Hier, j’ai testé en classe avec un groupe (français secondaire 2 – PEI) l’application pour iPhone et iPod touch eClicker. Merci aux élèves qui ont bien voulu apporter leur appareil en classe et l’utiliser dans un but pédagogique! Voici en quelques lignes ma démarche et mes impressions.
*Notez que d’autres images de la version «client» seront disponibles lorsque je ferai un autre test avec un second groupe.*
L’application
Découverte il y a une dizaine de jours sur ce site listé dans un gazouillis (dont je ne me souviens plus l’auteur), eClicker est une application (seulement en anglais… pour l’instant?) permettant aux enseignants de questionner les élèves par le biais de leur iPod touch ou de leur iPhone. Les élèves ont une application (eClicker client) gratuite, alors que l’enseignant doit se doter de celle «host» à 25,00$ pour pouvoir envoyer les questions aux élèves. Fait devant être raconté: la semaine dernière, un élève m’a demandé si j’avais réellement payé un tel montant pour une application. Son raisonnement était simple: avec un appareil «jaikbreaké» (ce qui n’est pas mon cas), toutes les applications peuvent être téléchargées gratuitement. Dans ce cas-ci, pourquoi payer? Je lui ai répondu que je croyais beaucoup au potentiel pédagogique de ces appareils et que si on voulait qu’ils développent d’autres applications comme eClicker, on devait les encourager en achetant leurs applications. Il m’a répondu que ce n’était «pas fou» comme raisonnement…
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La préparation
J’avais d’abord sondé les élèves durant les derniers jours afin de savoir combien d’entre eux possédaient un appareil. En moyenne, on en retrouve une dizaine par classe. Comme les groupes sont de 30 à 32 élèves, ils peuvent se placer en équipe de trois et voir ce qui est affiché sur les écrans sans problème. Ensuite, pour avoir une banque de questions, je leur ai demandé d’en composer plusieurs (à choix de réponses) sur la langue française. Voici deux exemples de question:
- Le GN est au non alors que le GAdj est à _________ ? a) L’adjectif; b) Le verbe; c) L’adverbe; d) La préposition.
- Dans ces mots, trouvez l’intrus: a) Manger; b) Faire; c) Attraper; d) Trouver.
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La programmation
Même si un logiciel serait le bienvenu pour la saisie des questions et des réponses, cela se fait aisément. En effet, on passe d’un champ à un autre (questions – réponses) sans délai (on a déjà vu des applications plus lentes) et tout se passe sur la même page (entrée des questions et de réponses, sélection de la bonne réponse, temps alloué à la question, etc). Il est même possible d’ajouter une image en lien avec la question.
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Le réseau et la mise en route
Il y a bel et bien un réseau sans fil à l’école, mais ce dernier n’est disponible que pour les enseignants (utilisateur et mot de passe nécessaires). J’ai donc créé un réseau sans fil avec mon MacBook (AirPort) pour le déroulement de l’activité. En l’espace de quelques secondes, tous les élèves avaient connecté leur appareil. Ils ont ensuite ouvert l’application et entrés leur prénom et ceux de leurs coéquipiers. Ce processus de connexion et de mise en réseau avec l’appareil « host » a pris environ 3 minutes.
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L’activité
L’activité s’est très bien déroulée. Tous les élèves participaient et je n’ai jamais vu personne répondre à des questions de français avec autant d’enthousiasme. 11 iPod touch étaient connectés par le biais d’AirPort à mon iPhone. C’est avec ce dernier que je contrôlais les questions et que je pouvais suivre la progression des élèves. Ils avaient 15 secondes pour répondre à chaque question. Entre ces dernières, une pause de 10 secondes permettait de voir la bonne réponse un graphique présentait combien de fois chaque réponse avait été choisie. Les participants pouvaient également voir le rang de leur équipe ce qui a engendré beaucoup de compétitivité.
Il n’y a pas eu de problème de réseau ni d’application… Une chance que c’est Apple, car avec Microsoft, on serait encore en train de mettre le tout en réseau. Il y a cependant eu certains délais plus longs que prévu, mais selon ce que j’ai pu constater, le système attendait plus longtemps, car certains appareils n’étaient pas prêts à passer à la prochaine question. Une seule équipe a abandonné: le iPod a manqué de batterie.
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Après l’activité / impressions
Une fois l’activité terminée, il est possible d’avoir un compte-rendu sous forme de document texte afin de savoir qui a répondu (ou n’a pas répondu) correctement ou non à une question. Dans le cas où chaque élève aurait son appareil et que les questions porteraient sur la matière vue précédemment, ce serait très utile afin de savoir qui maîtrise ou ne maîtrise pas les notions.
De mon côté, je trouve que ce test a été très concluant. Tous les appareils se sont connectés au réseau (MacBook) et il n’y a pas eu de problème. C’était vraiment intéressant de voir la compétitivité entre les équipes (quelle sera la meilleure?) et je crois que les élèves ont pu voir que leur iPod pouvait être utilisé autrement que pour jouer ou écouter de la musique. Cependant, je ne sais pas si je répéterai l’expérience bientôt. Même s’ils sont en équipe, 2 élèves sur 3 n’ont pas de iPod touch… Je pense à eux et je me dis que si j’avais 13 ans, je n’aimerais peut-être pas qu’un outil que je ne possède pas soit utilisé dans la classe de français…
Scridb filter** MISE À JOUR: Jeudi 22 janvier 2010 **
XBOX arrivée hier après 1 mois et demi, 12 appels et 56 minutes d’attente au téléphone.
** MISE À JOUR: Lundi 29 décembre **
J’ai appelé pour avoir mon numéro de suivi Purolator… rien encore. La décision d’expédier une nouvelle console a été prise le 28, une semaine après avoir compris en quoi consistait le problème. Qu’ils sont rapides et efficaces!…
** MISE À JOUR: Mardi 22 décembre **
Journée à inscrire sur un calendrier. J’ai finalement parlé à une superviseure du soutien technique de XBOX!! ET c’est elle qui m’a appelé. Elle m’informe que ma console se trouve à Papineauville et que je dois aller la chercher à ce centre de dépôt. Ben oui, je vais faire 3h de route au lieu d’attendre que Purolator vienne me la porter. Le pire, c’est que la première fois que j’ai téléphoné au soutien technique, j’avais dit que ma console se trouvait à cet endroit. 20 jours plus tard, on m’appelle pour me le dire. BRAVO! Vous êtes très rapides pour régler les problèmes chez Microsoft!
** MISE À JOUR: Vendredi 18 décembre **
Appel cordial de Microsoft ce soir pour savoir si j’ai bien reçu ma console… Vous voulez rire? RIEN! ABSOLUMENT RIEN. Je suis tanné! Comme Noël approche, je suppose que les superviseurs fantômes seront encore plus fantômes. Je mets ma main au feu que je n’ai pas de console avant le mois de janvier. INCOMPÉTENCE.
** MISE À JOUR: vendredi 11 décembre **
Après 48 heures, aucune nouvelle du superviseur fantôme. J’ai donc retéléphoné et on m’a informé que j’aurai une réponse dans 10 jours ouvrables… 10 jours ouvrables quand on approche de Noël, ça peut être long.
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Il y a 3 semaines, ma console s’est subitement mise à afficher un une lumière rouge dans l’anneau XBOX. Ce n’est pas le fameux RROD (Red Ring of Death), mais quand même, la console était inutilisable, un fameux message d’erreur (E74) affiché en plein écran et en 8 langues… C’est étrange, parce que ce problème est survenu après de nombreuses mises à jour… Qui n’a jamais eu de problèmes [notez que le «s» est voulu, car s'il y en avait eu, il y en aurait eu plusieurs] avec Microsoft après une mise à jour ? Étrange!
J’ai donc appelé chez Microsoft (1-800-4MY-XBOX) afin de voir si le problème pouvait être réglé. On me dit que le tout est sous garantie pendant 3 ans et que j’allais recevoir une boîte pour retourner ma console aux fins de réparation ou de remplacement. La boîte arrive 5 jours plus tard avec une superbe feuille d’instructions traduite par un robot ou je ne sais quoi… (voir ci-bas).
Dimanche dernier, je consulte le site Web de Microsoft afin de connaître le statut de ma réparation. Bonne nouvelle, ma console a été expédiée. Je m’empresse de copier le numéro de suivi sur le site de Purolator et je constate que la console a été livrée à une autre adresse. J’appelle donc chez Microsoft afin de savoir s’il y a une erreur quelque part et on me dit que je dois rappeler lundi, car il n’y a pas de superviseur en ce moment.
Lundi, je rappelle une deuxième fois chez Microsoft. Il s’agit d’un centre d’appel en Argentine où les employés parlent bien en français et que l’on comprend… On m’informe que le superviseur n’est pas là finalement et que je dois rappeler demain.
Mardi, j’appelle une troisième fois. Contrairement aux deux jours précédents, j’ai dû passer une heure à attendre pour parler à quelqu’un (j’ai tenté d’appeler à plusieurs reprises). Pas de superviseur. On m’informe que c’est un concours de circonstances et que demain, c’est certain que le superviseur va être là. Je m’informe à qui je dois parler pour formuler une plainte et il ne le sait même pas!?*%
Mercredi, je rappelle une quatrième fois. Pas de superviseur. On me dit qu’il sera là ce soir. Je rappelle le soir (UNE CINQUÈME FOIS), mais il n’y a pas encore de superviseur. La dame qui m’a répondu était cependant plus gentille que les autres (bientôt, je vais les connaître personnellement). Je lui demande alors pourquoi personne ne peut régler mon problème. Elle me dit que c’est un cas particulier de console perdue et que seul un superviseur peut faire quelque chose. Le problème découle du fait qu’il n’y a pas assez de superviseur parlant français. Ah bon? Donc si je parlais anglais, mon problème serait déjà réglé? OUI. Elle m’a informé qu’un superviseur allait m’appeler dans les 48 heures.
J’aurais pu appeler en et ne pas choisir le 9 «pour le service en français», mais je désire qu’on me réponde en français. C’est inadmissible qu’une entreprise comme Microsoft n’offre pas de support adéquat en français. Baissez un peu le salaire de M. Gates et agrandissez votre département de traduction/langues étrangères, mais faites quelque chose… Aujourd’hui, jeudi, j’attends toujours l’appel du superviseur qui devait m’appeler dans les 48 heures. Il en reste maintenant 24 et j’ai bien hâte de voir…
Si XBOX était la propriété d’Apple, lundi j’aurais appelé pour dire que ma console était défectueuse, mardi j’aurais reçu une nouvelle console de remplacement par FedEx et mercredi la console défectueuse serait repartie…
Scridb filterVous connaissez ces fameuses fèves à la gelée (jelly beans) de l’édition Harry Potter? Celles avec des saveurs aussi originales que dégueulasses (pop corn, dentifrice, copeaux de crayon, cire d’oreille, vomi, etc.). Hier, j’ai mis en scène une activité dans ma classe avec ces dernières. Le but: faire en sorte que les volontaires (presque tous) viennent en avant de la classe, pour en déguster une et décrire leurs impressions et le goût de la fève sans sombrer dans la vulgarité et les sacres.

C’était vraiment drôle et amusant! De plus, il y avait un côté légèrement pédagogique, car ils ont en quelque sorte mobilisé leurs compétences de communication. Comme c’était vendredi, qu’on avait passé les derniers jours en situation de communication orale et que mon stage se termine dans 3 jours, je me suis permis cette activité.
À la fin de la période (cinquième), j’ai laissé quelques élèves aller boire, car l’eau que j’avais apportée avait été trop populaire. La directrice est venue voir la source de ce brouhaha et après explications, a trouvé l’activité géniale. Au son de la cloche, tous les élèves tous les élèves me souhaitèrent une «Bonne fin de semaine Monsieur» quasi en choeur.
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